Editorial du Parvis St Djoir de juillet-août 2021

Le temps d’aller à l’écart

Nous venons de passer une année (scolaire, professionnelle, associative, catéchétique, pastorale ou autre) particulièrement éprouvante ! La vie, les activités et les projets de chacune et de chacun de nous ont été impactés par les effets de la pandémie du coronavirus. Nous avons donné plus que nous n’avons osé imaginer en termes d’énergie et d’efforts afin de nous adapter aux confinements, déconfinements, reconfinements, déconfinements et reprises ! Malgré cela, de belles choses ont aussi été vécues.

Il est temps maintenant d’aller à l’écart pour prendre un répit. Ainsi que le Seigneur nous y invite : « Venez vous-mêmes à l’écart, dans un endroit désert, pour vous reposer un peu ! » (Mc 6, 31). L’été est pour beaucoup le temps au cours duquel on répond au besoin du repos ; et des périodes de vacances sont accordées pour ce faire. Accueillons donc à travers ce temps l’invitation du Seigneur de nous retirer, d’aller à l’écart pour faire silence, pour mieux aimer et pour nous laisser aimer.

Car, à force de courir et à verser dans l’activisme, il nous arrive de passer à côté de l’essentiel, d’entendre le bruit commun, de ressasser les mêmes choses communes, de ne voir et n’entendre que la même chose ! Prenons donc le temps de nous poser, afin de nous reposer profondément, en retrouvant le silence, le désert de notre âme.

Le repos auquel nous sommes appelés en cette période est celui de l’âme. Notre vie active et peut-être mouvementée a ressemblé à l’eau qui a rencontré la terre boueuse. Chaque activité ou mouvement n’a fait que remuer la boue dans l’eau. Tout est mêlé. D’où le besoin de laisser reposer la boue pour que l’eau devienne transparente. Laissons déposer la boue pour que tout devienne clair. Ainsi notre vie deviendra-t-elle aussi claire que transparente.

Le repos est en effet une opportunité pour prendre le temps de relire notre vie, notre histoire. Et le fait de nous retirer à l’écart est non seulement un rendez-vous avec nous-mêmes, mais aussi avec toutes les personnes qui nous sont confiées. Ce rendez-vous peut être vécu sans forcément se déplacer, mais en se déplaçant intérieurement afin de rejoindre notre âme ou notre être intérieur.

Ainsi, où que nous soyons – ou que nous allions – en cette saison estivale, accueillons le repos comme un temps de nous recueillir afin de cueillir tous ses fruits : sérénité, tranquillité, contemplation, découverte, joie, partage, force, patience, présence, etc.

Ainsi, au bout de ce temps, requinqués, serons-nous habités par la beauté des merveilles de la nature que nous aurons contemplées, la joie des moments partagés et de nouvelles découvertes, la force du silence et la promesse de la reprise.

 Jean-Claude